Bams est une bombe: rappeuse, rédactrice/ journaliste, et mère de famille. La fondatrice de Respect Magazine, licenciée en mathématiques, Bams est une femme moderne, prête à militer pour l’amour, la culture et elle-même. Elle m’a accordé un peu de son temps pour me parler de son EP actuel, On Partira, des hommes et des déboires du hip-hop au masculin et au féminin. À vrai dire, ses références culturelles m’ont bouleversée par leur profondeur et efficacité d’esprit. À la fin de l’interview, je voulais être parmi ses maintes invitées à sa soirée Parisienne idéale. Elle me dit qu’il y’aura du monde. Lisez la suite pour voir qui figureriait sa liste VIP…
Paris, noire sur blanc.com: Vous êtes rappeuse anti-conformiste, journaliste et mère de famille. Comment est-ce que vous jongler tous ces rôles aujourd’hui ?
Bams: De l’un a l’autre, comme de la nuit au jour, de la paix a la colère, du temps gris au soleil, du dégoût a l’Amour. Passionnément je passe de l’un a l’autre. Me motivent le goût des mots, l’ amour de l’autre. Dire, écrire car le mot libère et nous amène a l’action. Le mot car dans ma tête des histoires me hantent et d’autres heureusement s’inventent. Mes chansons, mes articles leur donnent vie. Ce sont mes poèmes pour les dire. Comme toute femme moderne qui travaille et qui materne, un homme en or de 2010 qui prend soin du petit et de moi, une organisation béton et des ami(e)s tata, tonton rendent tout ca possible
PNSB: Votre musique parle de la vie des femmes en toute leur beauté : Y a-t-il pour vous une qualité féminine qui manque chez les hommes ?
Bams: Homme / Femme, c’est pour moi une question de genre. Nous sommes au 21 eme siècle. La femme est libre, l’ homme nouveau voit le jour. Ils sont de plus en plus a faire le chemin du vrai “soi”, pas celui qui leur dicte a tous prix d’etre fort, riche et d’avoir une belle voiture qui va bien sur avec la potiche blonde
La chanson ” Bella ” est l’histoire d’une rencontre. D’abord celle d’Imhotep qui a composé la musique. C’est ma première chanson dansante et je n’en suis pas peu fière
. À l’écoute du titre, j’ai cherché un thème que je voulais léger, joyeux, louange et pas niais. c’est vrai que ” La Femme ” m’a toujours beaucoup inspirée, c’est certain’ment car c’est le premier prisme par lequel j’entrevois le monde, de plus c’est mon côté mère Thérésa, être au côté de celui qui subit l’injustice est le pourquoi de mon envie d’écrire et de dire. c’est assez naturellement que le thème d’un hymne, louange au rayonnement des femmes m’est venu. Plus que féministe , je suis une vraie humaniste, de ce fait je n’exclu jamais l’Homme mais n’oublie jamais la Femme. La qualité qui pour moi manque à l’Homme est plus de l’ordre de la spécificité, j’aimerai tell’ment que ce soit lui qui porte l’enfant et se transforme
.
PNSB: Le rap en général est tombé malade par le bling bling et le machisme, et manque aujourd’hui de vraies penseuses. Y’en a-t-il de la place, a votre avis ? Comment pourrait-on les nourrir pour devenir plus connues et respectées ?
Bams: Le Rap n’est qu’un microcosme de la société, on y retrouve donc les mêmes tarres. La femme est libre depuis à peine 50 ans et on ne peut aller plus vite que le temps. On a par contre la chance de vivre cette époque magique où les données se crées et les rails de ce nouveau siècle se batissent. Alors, on ne doit rien lâcher, tout exiger car on ” L’Homme comme la Femme ” sommes légitimes à revendiquer une vie harmonieuse, juste où l’on y serai représenté de manière équilibrée.
Mais en 2010, seules les courageuses, intrépides, téméraires, aventurières accèdent aux postes, métiers, carrières qui aujourd’hui leur sont encore fermés. Pour revenir sur le Rap, je ne pense pas qu’il soit plus macho ou misogyne que la variété, le rock ou la chanson française. La femme souffre pareil’ment du même statut d’ objet fragile et victime, cantonnée à chanter l’amour. Partout elle est à poil pour vendre et toujours joue la carte de la séduction. Faire autrement, se paie et cher.
Bon nombre de projet féminin digne de ce nom, sont sans tourneurs, producteurs, éditeurs et manageurs. Qu’importe… les temps changent et le public aussi est en attente de nouveau. Et puis surtout, les maisons de disc se cassent la geule…. Alléluïa
PNSB: Qu’est-ce que l’on peut attendre de votre prochain album (LP), Dérèglement climatique ?
Bams: Une continuité, je suis bien décidée à m’inscrire avec mon projet musical multiple, coloré et indéfinissable. Définir c’est maîtriser, maîtriser c’est condamner à ne pas connaître la liberté. Si l’on doit définir ma musique, il faut de longues phrases
Elle est vocal’ment chantée, rappée, slamée, contée. Musical’ment grâces aux musiciens soutenus par des programmations rythmiques Hip Hop Électro, on voyage du Rock au Jazz, du Rap à l’Afro, de la Chanson au GrooVe. Mon projet est moderne, poétique, politique, sexué et musical. Une Chanson Hip Hop du 21 siècle faite pour les aventuriers, aventurières de la planète ! Sur scène m’accompagnent Fanny Lasfargues à la Contrebasse, Thi Thanh la Sax Soprano, Richard Comte à la Guitare, Kirikoo Des aux machines et Sacha Ricci aux claviers

PNSB: Votre musique et votre personnage touchent à plusieurs genres, âmes et niveaux. Je me demande si une soirée parisienne idéale pour vous existe ? Qui inviterez-vous parmi vivants et morts et pourquoi ?
Bams: Ouah… il y en aurait du monde.
Miles Davis, Janis Joplin, les Clash, Police, Bowie, Fela, Bob, Spoke Orchestra, Dgiz, Sinistre MC, Casey, Aminata Traoré, Inan Inch, Les Nubians, Nina Morato, Princess Erika, Negrissim, Claude Nougaro, les Siouxies, Marc Cheb Sun de Respect Magazine, Gregory Protche de Gri Gri international, Raphäl de Fumigène, Barack Obama sans Michelle non j’rigole, Rza du Wu tang Clan, Lassa, Les Kortatu, les ritas Mitsouko, Brigitte Fontaine, Virginie Despentes, Cara Zina, Léonora Miano, Jean pierre Bekolo cinéaste camerounais coco chéri, Dali, John Kennedy toole, Jean Genet, Besson le cinéaste
, Djamel debbouze, Thomas Ngijol, Dieudonné, Florence Forestrie, Béatrice Dalle, La Rumeur, D’ de Kabal, Fatou Biramah, Cathy Capvert, Douglas ewart, Mata Gabin, Félicité Wassi, Delphine II, La Fonta, Pascale Kunter, Sandra Nkake, Alexis peskine, Miss Tic…. Mon Homme…mon soleil, ma douceur, mon Boum Boum. J’en oublie mais tous seraient conviés pour leur action artistique et poétiquement politique !
English translation coming soon!
Posted by supernana 



